Retour sur la rencontre Intelligence Artificielle & Investissements : coté, non coté, infrastructure et applications du 20 novembre 2025
- Khiplace
- 20 nov.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 nov.
Cette rencontre a confirmé que l’intelligence artificielle n’est plus un thème technologique, mais bien un enjeu économique, énergétique et géopolitique majeur.

🙏 Merci à l’ensemble des intervenants et participants pour la qualité des échanges et les contributions à cette réflexion collective sur l’avenir de l’IA

💬 Intervenants :
Audrey Soussan, General Partner chez Ventech Capital
Pauline Thomson, Managing Director - Infrastructure Funds & Head of Data Science chez Ardian
Wesley Lebeau, Responsable adjoint de la gestion Actions Thématiques chez CPR Asset Management
🎙️ Modérateur : Laurent Bademian, Senior Investment Manager & Alternative Investments CIO chez Orano
La rencontre Khiplace du 20 novembre 2025 a réuni investisseurs, experts et acteurs de la tech autour d’un thème central : les implications profondes de l’Intelligence Artificielle sur l’infrastructure numérique et le Calcul Haute Performance (HPC).
Un marché en plein essor et des performances financières inédites
Le débat a d’abord rappelé l’ampleur du potentiel de croissance du marché des infrastructures IA, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 20 %. Près de 40 % de cette expansion devrait être captée par les États-Unis, moteurs incontestés de la révolution numérique actuelle.
Si l’adoption de l’IA demeure encore majoritairement exploratoire (80 % en phase d’expérimentation), les résultats du troisième trimestre 2025 ont confirmé le dynamisme structurel du secteur : Nvidia, par exemple, a affiché un résultat opérationnel record de 38 milliards de dollars entre juillet et septembre.Les acteurs du cloud, des semi-conducteurs et des équipements HPC s’imposent ainsi comme les grands bénéficiaires de cette nouvelle ère industrielle.
L’industrie IA et HPC : une chaîne de valeur en mutation
L’analyse a ensuite porté sur la cartographie des technologies et des applications de l’IA :
HPC et data centers dédiés au training et à l’inférence ;
Machine Learning, traitement du langage naturel (NLP), vision par ordinateur, IA générative et robotique intelligente.
Les impacts s’étendent à tous les secteurs économiques :
Banque : détection de fraudes et pilotage du risque ;
Santé : robotique chirurgicale, diagnostic assisté, R&D pharmaceutique ;
Commerce et logistique : automatisation de la supply chain, personnalisation marketing ;
Télécoms : optimisation de réseau et chatbots intelligents.
La bataille mondiale de l’« AI Factory » et le rôle central du GPU
La table ronde a souligné la course mondiale à la puissance de calcul : les GPU (processeurs graphiques) et les centres de données IA sont devenus les nouvelles armes industrielles. Les dépenses d’investissement globales dans les data centers devraient atteindre 6,7 trillions de dollars d’ici 2030, dont 5,2 trillions consacrés à l’IA.
Cette compétition s’organise autour de la maîtrise de l’infrastructure et de la distribution logicielle – de l’inférence aux applications IA verticales.Les nouveaux acteurs du NeoCloud IA, à l’image de CoreWeave, Lambda Labs ou Crusoe Energy, introduisent des modèles innovants comme le GPU-as-a-Service, redéfinissant la chaîne de valeur et le partage du risque industriel.
Un optimisme fort, tempéré par les contraintes physiques et énergétiques
Si le consensus reste optimiste sur la rentabilité du secteur, les experts ont rappelé les limites physiques du modèle.Les besoins énergétiques des data centers explosent – atteignant 26 GW au premier semestre 2025 aux États-Unis, soit une hausse de 30 % en six mois.À ces tensions s’ajoutent des contraintes logistiques : localisation, délai d’installation, accès au foncier et à l’énergie, qui pourraient ralentir la montée en puissance.
IA Souveraine et enjeux sociétaux : l’Europe trace sa voie
Les échanges ont également porté sur la souveraineté numérique européenne, confrontée à la domination américaine et chinoise. La France et l’Union européenne entendent bâtir un écosystème IA souverain, soutenu par un arsenal réglementaire sans équivalent – RGPD, AI Act, DSA, DMA et directive NIS2 – visant à encadrer le développement et l’usage éthique de l’IA.
Les dimensions sociétales ont clôturé la discussion :
Impact sur l’emploi et la productivité,
Automatisation et transformation des métiers,
Gestion des biais algorithmiques,
Révolution du marketing et des comportements de consommation.

















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