Retour sur la rencontre SPIRE : pour ou contre ? 12 mars 2026
- Khiplace
- il y a 2 heures
- 3 min de lecture
Un grand merci à tous les participants de notre première session d'échanges Khiplace 100%% investisseurs 🙏
Jeudi 12 mars à Paris, nous avons eu le plaisir de réunir une belle assemblée d’investisseurs institutionnels pour un moment d'échange privilégié, sans filtre entre pairs (✅ réservé aux investisseurs).
L'objectif de cette rencontre était clair : partager les bonnes pratiques, confronter les retours d’expérience et perfectionner les connaissances sur la plateforme SPIRE.
Un remerciement tout particulier à Eric Dubos, directeur financier de la MACSF, pour son excellente animation. Son introduction a permis de rappeler précisément comment fonctionnent les repack notes émises via SPIRE et leurs atouts :
➡️ L'exposition à des rendements issus d’un panier d’actifs sous-jacents variés.
➡️ La personnalisation poussée des profils de rendement et de risque.
➡️ L'amélioration majeure de la liquidité et de la transparence par rapport aux véhicules de titrisation classiques.
➡️ La réduction de la complexité opérationnelle, notamment pour la gestion des appels de marge et les mécanismes de couverture (hedging).
L'exercice dynamique du "Pour ou contre ?"
⚖️ Chaque intervenant s'est prêté au jeu en annonçant sa couleur dès le départ ! Ce format interactif a déclenché des débats passionnants sur l'utilisation concrète de SPIRE. Nous avons pu explorer de multiples scénarios d’allocation, challenger les modes de gouvernance et discuter des contraintes réglementaires respectives, tout en pesant les avantages indéniables de la plateforme (standardisation, indépendance, flexibilité des restructurations) face à certaines de ses limites (comme l'exclusion de certains sous-jacents).
Merci à tous pour votre transparence et la richesse de vos interventions. C'est grâce à cette volonté de se benchmarker et de partager sans tabou que notre communauté d'investisseurs grandit ! 🤝
Résumé de la présentation d'Eric Dubos (MACSF) :
Créée en 2016 par un consortium de quatre grandes banques fondatrices (Citi, BNP Paribas, Credit Suisse et J.P. Morgan), la plateforme SPIRE (Single Platform Investment Repackaging Entity) s'est imposée en une décennie comme un acteur incontournable du marché. Avec un encours total atteignant aujourd'hui les 71 milliards de dollars, sa progression fulgurante illustre le succès de son modèle.
Standardisation, transparence et liquidité au cœur du succès
Avant l'avènement de SPIRE, les opérations de repackaging séduisaient déjà les investisseurs par leur simplicité (guichet unique) et leur flexibilité, mais elles étaient régulièrement critiquées pour leur manque de transparence, de transférabilité et de liquidité. SPIRE a résolu ces problèmes structurels en introduisant une standardisation des termes et de la documentation juridique entre l'ensemble des banques membres.
Constituée sous le droit luxembourgeois (loi sur la titrisation de 2004) et gérée de manière totalement indépendante avec l'appui d'administrateurs et d'auditeurs de renom (Apex, PwC, HSBC, A&O Shearman), la plateforme offre une protection légale robuste. Cette standardisation a permis de débloquer la liquidité sur le marché secondaire : les courtiers peuvent désormais fournir des cotations sur des transactions qu'ils n'ont pas structurées, et il est beaucoup plus aisé de remplacer une contrepartie en cas de défaut ou de dégradation du service. Il est à noter que certains actifs, tels que les prêts, les contrats de location ou les matières premières physiques, demeurent exclus de cette plateforme.
L'Europe, et particulièrement la France, en chefs de file
Les données de 2025 confirment que le marché de SPIRE est très largement dominé par l'Europe. L'euro représente 81 % de la devise des notes émises et 84 % des volumes globaux, tandis que le marché français demeure le principal utilisateur historique de la plateforme.
Les investisseurs utilisent majoritairement SPIRE pour des stratégies à long terme, 70 % des repacks affichant une maturité comprise entre 10 et 30 ans. Du côté des sous-jacents, les obligations d'État (Govies) françaises et américaines sont les plus achetées depuis la création du véhicule. Les données de 2025 montrent d'ailleurs que l'OATei (obligation souveraine française indexée sur l'inflation) est devenue le collatéral le plus traité, prenant le relais des linkers américains (TIPS) qui dominaient en 2022. En termes de rémunération, les structures à taux fixe (51,7 %) et à coupon zéro (17,3 %) dominent le marché.
Une gestion active des restructurations
La flexibilité offerte par SPIRE se traduit également par une forte capacité à liquider ou restructurer les positions. L'année 2024 a d'ailleurs enregistré un niveau record de restructurations, atteignant 2,5 milliards de dollars (avec des tickets moyens de 50 à 75 millions de dollars). Les statistiques montrent qu'une partie significative de ces repacks est ainsi restructurée dans les cinq années suivant leur émission, notamment pour des stratégies de repentification (steepeners) ou en cas de coupons très bas.
Aujourd'hui, avec l'intégration continue de nouveaux membres, dont RBC en mars 2025 qui rejoint une longue liste de partenaires de premier plan (Goldman Sachs, Barclays, Société Générale, UBS, etc.), la plateforme SPIRE semble plus que jamais armée pour centraliser l'avenir des repacks institutionnels.










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